Cela aurait pu n'être qu'une bonne blague : un power trio cajun venu des rives... du Lac Léman. Quand on sait que les Cajuns sont les acadiens qui ont quité le Canada pour La louisiane, la faute à qui donc ? La faute à Napoléon, on mesure le choc géographique.
En fait, au fil de cet album qui substitue à la banane de Warhol un piment bien roue, la musique de Mama Rosin se révèle au caractère franc et massif, chantée en français et créole, et plutôt chantée à tue tête, histoire d'inviter pour de bon à la danse les derniers indécis. Voici une musique aussi roborative que la cuisine cajun : ça tient au ventre, on passe un bon moment, le dépaysement est total, grâce à ces cousins venus... eh oui de Suissse donc.
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Infos : http://www.voodoorhythm.com/MAMA%20...
Où est passé E.C Lenoir ? / Le two-step de l'haricot / Je vas mon chemin / Honky tonky tout le temps / La valse des beaux-frères / You stole my motorcycle / Les blues d'Amede / Le pistolet / When the police came / Eh ti monde / Dead love rag / Johny dance / Bon temps rouler
En 2001, le label Wall of Sound, connu pour avoir sorti pas mal de disques de ce genre très prisé dans les années 90 qu'est le big beat, c'est à dire ce qui se fait de plus lourdaud en électronique, sortait le premier album d'I Am Kloot, à mille lieux des productions habituelles du label puisqu'il s'agissait de folk.
Bien qu'acclamé à sa sortie, cet album était un peu passé par pertes et profit dans notre discothèque : depuis sont passé Andrew Bird et Alela Diane par exemple et l'on avait oublié ces Anglais. En réécoutant le "Natural History" d'il y a dix ans, on se demande pourquoi "To you" n'est pas alors devenu immédiatement l'un de nos titres préférés à vie.
Ainsi donc, c'est ce "Sky at night" qui nous fait nous replonger dans le songwriting impeccable de John Bramwell et de sa bande, sur un album touché par la grâce ("I still do"), avec des cordes comme on en entend trop rarement dans la folk depuis un certain Nick Drake.
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Infos : http://www.iamkloot.com
Northern Skies / To The Brink / Fingerprints / Lately / I Still Do / The Moon Is A Blind Eye / Proof / It's Just The Night / Radiation / Same Shoes
C'est la fin de l'été, les magasins regorgent des articles de rentrée, de ceux qui fleurent bon le pneu, qu'on croirait bosser chez Dunlop, ou Michelin si l'on est chauvin. Triste époque, les barbecues au bord de l'eau sonnent le glas et il va falloir penser à rentrer les rosiers.
On rangera par la même occasion les disques d'été qui ne se prêtent guère aux salons et aux feux de cheminées, ceux dont on a déjà un peu honte et dont je ne parlerai pas ici. Tous sauf un. Le duppy writer de Roots Manuva, une relecture dub de ses morceaux, récents ou plus anciens, piochés dans sa discographie par Wrongtom, revisités, recomposés de fond en comble. Rien d'étonnant à ce disque, Roots Manua a toujours été friand de mettre à nouveau son travail sur la table, de proposer des versions remixées de ses titres, et plus encore des versions dub, dans la plus pure tradition jamaïcaine, sa terre d'origine.
Parfait équilibre entre reggae et hip hop, ce serait un tort que de classer trop vite Duppy writer dans les disques de l'été faciles et simplement festifs, parce qu'il mérite d'être pris comme un album à part entière, ni best of ni compilation de remixes, mais comme l'exercice de style d'un artiste encore capable de se réinventer.
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Butterfly crab walk ft.Riddla / Chin up / Duppy writer (skit) / Worl' a mine / Big tings redone ft. Seanie T / Jah warriors ft Ricky Ranking / Proper tings juggled / Dutty rut ft. Ricky Ranking / Dub decay (skit) / Lick up ya foot / Rebuff / Son of Bodda / Motion 82
Retour en force magistral des Canadiens de Black Mountain. Wilderness heart, leur troisième album, scelle les noces du folk et du rock seventies, lourd et plombé.
Des accords folk qui enflent pour atteindre un climax métallique : il est probable que le groupe a dû tomber sur une vieille copie du troisième album de Led Zeppelin qui mélangeait l'acoustique et les délicatesses folk aux percussions maltraitées, écrasées par la frappe de Bonzo.
Wilderness heart s'ouvre de manière identique, The Hair song, tiré du même moule, emprunte les mêmes chemins, à la croisée de Friends et de Kashmir. En se replongeant encore dans les arcanes des seventies, Black Mountain s'autorise également la batterie pachydermique, les montées d'accords, les claviers vintage et planants, les voix jumelles et doublées de Stephen McBean et Amber Webber, les basses lourdes aux reliefs stoner. Il y a des fantômes dans ce disque, ceux du Floyd, de l'Airplane, ou Steppenwolf. Des remontées acides, comme autant de retombées.
On pourrait craindre au plagiat, pas du tout. Toutes ces directions sont parfaitement assumées, et mieux, digérées, au point de ne pas sonner comme un faux-semblant. Du rock pas balourd, mais élégant et capable de beaux décollages.
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Infos : www.myspace.com/blackmountain
The hair song / Old fangs / Radiant hearts / Rollercoaster / Let spirits ride / Buried by the blues / The way to gone / Wilderness heart / The space of your mind / Sadie
L'histoire de The two est la plus dingue des musical-love stories qui m'ait été donnée d'entendre depuis longtemps. Elle – Ara-, artiste partagée entre New York et Paris, belle forcément. Lui – David- , parcourant le monde avec ses tours de prestidigitation. Oui, Monsieur est … magicien.
Ils se croisent à New York, entre deux avions, deux galas, deux affaires en cours et tout ça ressemble soit à un soap ultime, soit à des héros de Bret Easton Ellis à qui l'on promettrait une fin moins triste. Jusque-là, on n'a pas joué une note. Du papier glacé tout au plus.
La musique vient après, lorsque nos tourtereaux se découvrent un peu, qu'ils mêlent les mots aux notes. Ils ont écouté Lou Reed et Marianne Faithfull et regardent la musique comme une matière sonore avec des textures et des couleurs, ou comme de la magie, et il n'y a pas de raison pour que la leur échappe à cette règle commune.
Elle, a une voix fluette, blanche, pop dans laquelle le manque de souffle devient respiration. Lui joue de tout, a retenu les leçons de Brian Jones, se perd dans les instruments, ressort un mellotron, essaie, tente une fois encore l'esbroufe et l'escamotage. Et ça passe parce qu'on est encore capable de gober comme n'importe quel chaland, le bonneteau et la supercherie des mélodies pures et faciles, et finalement la pop n'est que ça : de la poudre aux yeux. La leur a le mérite d'être légère, même si l'on sent confusément que les morceaux ont transité directement de la chambre au disque sans passer par la case scène et qu'il leur manque un sursaut de consistance pour être bien réels.
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Infos : http://www.myspace.com/musicofthetwo
I wanna be with you again / I'm 22 / Everyday / Close to me / Hold my heart / Piece of you / I know / Coma was not her name / True to me / In my head
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